Dimanche 1 juin 2008
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Voici un
extrait d'un article publié par David Florentin, professeur émerite de tai chi de la famille Chen et représentant en France de Maître Wen.
Vous pourrez retrouver l'intégralité de cet article ainsi que d'autres très intéressants sur le site
http://www.taiji-grenoble.com/index.html
Pour l'article concerné voici le lien:
http://www.taiji-grenoble.com/taijiquan-11-tai_ji_quan-wu_ji-hua.pdf
TAI JI QUAN
Le premier sinogramme à gauche est
TAI (4ème
ton):
On pourrait presque le confondre avec le sinogramme «grand» DA
(4ème ton) représentant un homme debout ouvrant les bras:
Mais un petit trait entre les jambes différencie ces deux dessins. Pour Wang Hongyuan ("Aux sources de l'écriture chinoise", éditions Sinolingua Beijin), le trait du dessous représentait à l’origine un autre homme: «Par la suite, l’homme d’en
dessous est devenu un point». Quoiqu’il en soit, l’idée du dessin est de représenter quelque chose qui soit «plus que grand». TAI signifie «extrême», «très»,
«trop».
Le
sinogramme au centre de l’expression TAI JI QUAN est JI (2ème ton):
On peut y reconnaître à gauche l’élément «arbre» MU (4ème ton):
MU représente un arbre et ses racines, et fait référence à tout ce qui est fait de bois. Sur la droite, on trouve un assemblage complexe. Cyrille J.-D. Javary ("Le discours de la tortue" aux éditions
Albin Michel) le décrit ainsi:
«On distingue un être humain placé entre ciel et terre (les deux traits horizontaux) et encadrés par les signes de la parole et de l’action». Il en déduit: «L’ensemble de l’idéogramme évoque donc un objet façonné en bois et situé deux fois à la jonction entre les éléments d’une dualité concertante ».
Sur la nature de
cet objet, tout le monde est d’accord. Il s’agit de la poutre maîtresse, celle située au plus haut de la charpente et sur laquelle s’appuient et se rejoignent les deux pentes du toit». JI
est donc la poutre faîtière sur laquelle repose l'équilibre de l'édifice, son maintien et sa force. JI signifie aujourd’hui par extension «sommet», «point le plus élevé»,
«extrême».
Le dernier sinogramme de l’expression TAI JI
QUAN est QUAN (2ème ton):
On retrouve le pictogramme «main» SHOU (3ème ton) en bas:
Sur le haut, on reconnaît en partie «rouler» JUAN ( 3ème ton):
Ainsi, QUAN est la «main roulée sur elle-même», le
poing.
QUAN peut
signifier aussi bien le poing que l’art du poing (la boxe). On a donc TAI JI QUAN: «La boxe de la poutre faîtière très
extrême».
Une expression
pour le moins intrigante! Cyrille J.-D. Javary apporte les éclaircissements suivants sur l’expression TAI JI : «Dans une perspective du YIN/YANG, toute chose une fois parvenue à son extrême se transforme en son contraire. En mettant l’accent sur
l’extrême de sa grandeur, la présence de ce superlatif (TAI) opère comme une sorte de présélection du sens, insistant sur la future transformation qui attend
cette grandeur».
En effet, la
poutre faîtière est l’endroit où la pente du toit change de sens. TAI JI est donc «le grand retournement», ou «la grande transformation» (du YIN en YANG et vice-versa). C'est l'endroit où tout
commence et où tout se termine. Le TAI JI QUAN devient ainsi «la boxe du grand retournement».