
Je ne résiste pas à l'envie de publier 3 superbes chansons d'un artiste talentueux disparu beaucoup trop tôt: Daniel Balavoine
Des paroles qui ont un sens, posées avec beaucoup de poésie et d'émotion.
DETOURNEMENT (1980)
Moi qui ai peur en avion C'est bien ma veine
C'est la seule solution A mes problèmes
Pour avoir l'air d'un homme Je sors mon parabellum
Je rentre dans la cabine Je dis au pilote
Faudrait pas qu'tu t'débines Si tu veux qu'on soit potes
J'espère que t'es bilingue J'vais détourner ton zinc
Où tu vas qu'il me dit poli
J'en sais rien je réponds surpris
Je veux juste être libre
Et savoir le pourquoi
Pouvoir dire ce que j'ai à dire
Mais sans risquer la mort ou pire
Sans qu'on fasse de moi
Ce que je ne suis pas
Mais le pays dont tu parles Ça n'existe pas
J'aimerais te faire plaisir Mais ça n'existe pas
Même dans mes souvenirs Vraiment je vois pas
Je n'ai connu que pire Je t'en prie crois-moi
Range ton revolver Je vais t'expliquer, calme-toi
J'voudrais bien t'éviter D'user de mon flingue
Mais si tu continues J'fais péter la carlingue
Me regarde pas comme ça Comme si j'étais un dingue
Si y a rien sur la terre Qu'est fait pour me plaire
T'as qu'à m'emmener ailleurs Dans ton univers
Vers un monde construit Dans un autre décor
Je te parle pas du paradis Mais d'un sentiment bien plus fort
Où si tu donnes ta vie On pardonne ta mort
Mais le pays dont tu parles Ça n'existe pas
J'aimerais te faire plaisir Mais ça n'existe pas
Même dans mes souvenirs Vraiment je vois pas
Je n'ai connu que pire Je t'en prie crois-moi
Range ton revolver Je vais t'expliquer, calme-toi
Y a des gens dans cet avion Qui pensent autrement
Qui ont la même vie que toi Mais qui sont contents
Qui suivent comme des moutons Qui portent leur croix
Qui sont de vrais combattants Mais chacun pour soi
Y'en a même qui sont bons Tu dois respecter ces gens-là
Allez donne ton revolver On va rien te faire
On dira rien à personne J'en fais mon affaire
C'est vraiment ta dernière chance Tu peux pas mieux faire
Montre ton intelligence J'te parle comme un frère
Tu dois me faire confiance Redescends sur la terre
C'est comme ça qu'un jour plus tard C'était la déglingue
Chemise cousue sur mesure J'étais chez les dingues
Ils m'ont piqué ma ceinture Mes lacets, toutes mes fringues
Toutes les heures, une piqûre Cachets et seringues
Me font la vie moins dure Ou me rendent un peu plus dingue
Mais le pays dont je parle Ça n'existe pas
Mais le pays dont je parle Ça n'existe pas
Je me sens bien chez les fous Je me sens chez moi
Je me sens bien chez les fous Je me sens chez moi
Ça n'existe pas Ça n'existe pas
C'est comme ça qu'un jour C'était la déglingue
Chemise cousue sur mesure J'étais chez les dingues
Ils m'ont piqué ma ceinture Mes lacets, toutes mes fringues
J'deviens de plus en plus dingue...
PARTIR AVANT LES MIENS (1983)
Petite foule dense
Autour d'un corps s'endormant
Douceur immense
Pour le départ d'un parent
Calmement
Peint aux couleurs de l'artifice
Des bleus lisses et roses et blancs
Et lentement
Visages tendres sur l'herbe glissent
Se sourient en chuchotant
Et sans le moindre tourment
Ils fêtent mon enterrement
Cendres folles et s'envolent
Sous les yeux pâles et contents
Et s'unissent aux lucioles
Pour vivre un dernier instant
Et à jamais
Restent en suspens
Et j'ai souvent souhaité
Partir avant les miens
Pour ne pas hériter
De leur flamme qui s'éteint
Et m'en aller
En gardant le sentiment
Qu'ils vivront éternellement
Et simplement
Qu'ils fassent que la nuit soit claire
Comme aux feux de la Saint-Jean
Que leurs yeux soient grands ouverts
Pour fêter mon enterrement
Père et mère, sœurs et frères
Je vous aime puissamment
N'adresser aucune prière
Où que j'aille je vous attends
La poussière
Vit hors du temps
Il faut rester à la lumière
Dansez, buvez en me berçant
Que je vous aime en m'endormant
TOUS LES CRIS LES S.O.S. (1985)
Comme un fou va jeter à la mer
Des bouteilles vides et puis espère
Qu'on pourra lire à travers
S.O.S. écrit avec de l'air
Pour te dire que je me sens seul
Je dessine à l'encre vide
Un désert
Et je cours
Je me raccroche à la vie
Je me saoule avec le bruit
Des corps qui m'entourent
Comme des lianes nouées de tresses
Sans comprendre la détresse
Des mots que j'envoie
Difficile d'appeler au secours
Quand tant de drames nous oppressent
Et les larmes nouées de stress
Etouffent un peu plus les cris d'amour
De ceux qui sont dans la faiblesse
Et dans un dernier espoir
Disparaissent
Et je cours
Je me raccroche à la vie
Je me saoule avec le bruit
Des corps qui m'entourent
Comme des lianes nouées de tresses
Sans comprendre la détresse
Des mots que j'envoie
Tous les cris les S.O.S.
Partent dans les airs
Dans l'eau laissent une trace
Dont les écumes font la beauté
Pris dans leur vaisseau de verre
Les messages luttent
Mais les vagues les ramènent
En pierres d'étoile sur les rochers
Et j'ai ramassé les bouts de verre
J'ai recollé tous les morceaux
Tout était clair comme de l'eau
Contre le passé y a rien à faire
Il faudrait changer les héros
Dans un monde où le plus beau
Reste à faire
Et je cours
Je me raccroche à la vie
Je me saoule avec le bruit
Des corps qui m'entourent
Comme des lianes nouées de tresses
Sans comprendre la détresse
Des mots que j'envoie
Tous les cris les S.O.S.
Partent dans les airs
Dans l'eau laissent une trace
Dont les écumes font la beauté
Pris dans leur vaisseau de verre
Les messages luttent
Mais les vagues les ramènent
En pierres d'étoiles sur les rochers